La première tournée : de Morlaix à Pointe-à-Pitre en passant par St Malo

Le 24 octobre le « Face au Soleil » quittait Morlaix avec dans ses soutes 3 tonnes de sel, quelques pots de caramel au beurre salé et un piano pour égayer la traversée et « jouer de la musique aux baleines ». Après un arrêt de quelques jours à Paimpol, direction St Malo pour les derniers préparatifs d’avant transat, et le 31 octobre au petit jour ce fut le départ de la Route du Rhum version« off », au nez et à la barbe des géants des mers.

La traversée prévue en 4 semaines allait se révéler plus ardue que prévue. L’attaque fut de haute tenue avec un passage tambour battant du Golfe de Gascogne démonté et une arrivée à Madère en à peine 15 jours et deux tempêtes. Un gros tiers des coureurs du Rhum sur des bateaux de taille équivalente était encore derrière, malgré leurs moyens techniques infiniment supérieurs. A commencer par le gps dont la panne de pile de 5 jours a valu quelques grumeaux dans la gorge à ceux restés à terre.

Bout_de_Bois_le_capitaine250x88Mais non, tout allait bien, à ceci près que les alizées n’étaient pas au rendez-vous cette année. Et sans radio ni météo à bord, pas facile de le deviner. La recherche d’une route sud à frôler le Cap-Vert ne fut pas plus heureuse, le bateau essuyant tempête sur calmasse, déchirant une voile, reculant même pendant trois jours, sans cesse secoué par une houle croisée nord-ouest/sud-ouest. Passés à quatre après embarquement d’un Roscovite à Madère, nos trois navigateurs connaissent la vie monotone des grandes traversées : le quart, les manœuvres, l’entretien du bateau, pas la douche, la popote, repos, lecture, apéro, sans oublier la pêche qui les sauvera de la disette.

Quelques belles dorades coryphènes en croûte de sel plus tard, le vent se met enfin à souffler dans le bon sens et après 50 jours de mer (Christophe Colomb a failli être battu) l’ancre est jetée à Pointe-à-Pitre le 24 décembre au soir, juste à temps pour la messe de minuit…