Transport à la voile

Le sel, l’océan et les tempêtes

L’idée de faire voyager le sel en bateau est aussi ancienne que les salines littorales elles-mêmes : produit pondéreux, peu fragile, facile à conditionner, il était produit en grandes quantités pour être exporté vers les centres de consommation. En ce qui concerne le Marais Breton, les navires de l’Europe entière venaient s’approvisionner en Baie de Bourgneuf avant de repartir vers l’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne ou plus simplement en Bretagne.

La question du transport se pose aussi pour Ty an Holen depuis ses débuts en 2002 car l’essentiel de la production est remontée à Morlaix en Bretagne nord où elle est séchée, transformée, conditionnée puis vendue.

Le sel ne nécessite l’utilisation d’aucune énergie fossile pour être produit. En revanche son poids en fait un gros consommateur de carburant pour le transport. Sa part d’énergie grise est donc relativement importante.

Le réchauffement du climat rend cette question moins anecdotique qu’il n’y paraît car l’augmentation du niveau des océans menace directement les marais côtiers situés par définition au niveau de la mer voire en-dessous. Les digues et autres protections édifiées par l’homme au cours des siècles ne résisteront pas éternellement, comme l’a illustré la tempête Xynthia en février 2010, et leurs coûts d’entretien sont astronomiques. Les marais salants atlantiques ne risquent-ils pas à nouveau de disparaître, non plus abandonnés comme dans les années 60-70 mais submergés par l’océan ?

Au-delà de l’intérêt patrimonial et humain, l’intérêt naturel mérite aussi d’être souligné car les marais au sens large sont des zones d’une exceptionnelle richesse biologique, les troisièmes en importance après les forêts tropicales et les mangroves ! Richesse qui nécessiterait d’ailleurs une meilleure protection contre les menaces que font peser sur elle les différentes activités humaines (pollution, urbanisation, agriculture intensive, braconnage…).

Si les sauniers et paludiers ne montrent pas eux-mêmes la voie en prenant des mesures concrètes pour protéger les régions fragiles où ils travaillent et vivent, qui le fera ? C’est pourquoi chez Ty an Holen nous avons choisi de revenir au transport à la voile, de la Baie de Bourgneuf, face à Noirmoutier, jusqu’à la Baie de Morlaix, face à l’île de Batz. Et le voyage ne s’arrête pas là…