Écluses. Savoureux, ce déchargement de sel !

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1. Plusieurs dizaines de volontaires se sont relayées pour décharger la soute du Notre-Dame de Rumengol. 2. Propriétaire de Ty an Holen, entreprise à qui était destiné le sel, Stéphane Guichen a donné de la voix. 3. Les jeunes, aussi, ont mis leur grain de sel pour porter les sacs..

En provenance des Pays-de-la-Loire, huit tonnes de sel ont été déchargées du Notre-Dame de Rumengol, hier après-midi, aux écluses, pour le compte de l’entreprise Ty an Holen. Plusieurs dizaines de volontaires se sont relayées, sous le regard de centaines de curieux, attirés par ce spectacle insolite qui ne manquait pas de sel. Reportage.

« Tout se passe comme sur des roulettes, merci ». 17 h 50, hier, aux écluses du port de Morlaix. Voilà une demi-heure que le déchargement du Notre-Dame de Rumengol a débuté. Visiblement ravi de la tournure des opérations, Stéphane Guichen profite d’une petite pause pour féliciter les nombreux volontaires, venus lui prêter main-forte. « À leur arrivée au Bourget, les joueurs de l’équipe de France ont été accueillis par 200 personnes. Ils ont tout raté ! Ils auraient mieux fait de venir ici », rigole le patron de Ty an Holen (La maison du sel), en remerciant les 400 personnes regroupées sur le quai, devant le vieux gréement.

300 sacs de 25 kg

Voilà cinq ans que le commerçant fait transporter sa marchandise à la voile depuis Beauvoir-sur-Mer, en Vendée, où il exploite un marais. Mais, jamais, il n’en avait ramené autant. « Ces huit tonnes correspondent à la consommation d’une année », note Stéphane Guichen, que l’on retrouve régulièrement sur les marchés de la région. 18 h 05. Il est temps de reprendre le travail. « Il va falloir du monde pour suppléer ceux qui sont un peu « carbo », là-bas », rameute Stéphane Guichen à l’aide d’un plot de la DDE qui fait office de porte-voix. « Vous voulez donner un coup de main ? », interroge Guillaume Le Grand, le fondateur de TOWT, entreprise spécialisée dans le transport de marchandises à la voile afin de limiter la consommation de CO2. Pour ce tour de Bretagne qui a débuté à Brest, le 19 juin, et qui s’achèvera dimanche, à Landerneau, il a affrété le Notre-Dame de Rumengol. « À bord, il y avait du vin, des tisanes, des conserves, du cidre… Mais le plus gros, c’est le sel qu’on a chargé à Pornic (44), le 27 juin », explique-t-il en montrant les 300 sacs de 25 kg dans la soute. « Ce n’est pas léger », sourit le Morlaisien Laurent, 57 ans, qui a pris place dans la chaîne humaine qui se relaie de la gabare au local de Ty an Holen, situé à 30 m de là. « Je suis venu car la démarche est sympa. C’est une bonne alternative aux camions. C’est écolo », poursuit-il en soufflant après avoir déposé un sac sur le tas.

« Attention à la cocaïne ! »

Au son de la bombarde, le déchargement se poursuit dans la bonne humeur. « Je vais vous montrer comment les porter sans risque de les percer », indique Stéphane Guichen, apostrophé par un curieux. « Vous les vendez après, vos sacs ? » « Accessoirement, oui, 1,10 € le kilo. Il est fait avec amour. Attention, tout de même, il y a de la cocaïne dans un sac ! Mais je ne vous dirai pas lequel », plaisante le marchand de sel, qui espère pérenniser ce type de transport deux fois par an, avec Morlaix comme terminus. « Il faudrait que les producteurs de légumes de la région se joignent à l’aventure », lance Stéphane Guichen. À bon entendeur…